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Gesta Danorum

The Killing (Forbrydelsen) & Borgen

A priori, tout porterait à se méfier de séries diffusées par ARTE. Et pourtant, The Killing comme Borgen méritent bien des louanges. La diffusion à l’été 2012 de la première prouve l’évolution des autorités culturelles de ce pays envers un genre télévisuel qu’elles méprisaient il y a encore peu. Un réflexe de pudeur leur fait toutefois présenter la série sous couvert d’un article du New-York Times : « Il est troublant de voir à quel point la sensibilité nordique convient à un genre qui paraissait jusqu’à présent, de façon aussi indiscutable qu’inimitable, comme devant être violent et américain (…) Par bien des aspects, The Killing est l’opposé des séries policières les plus populaires de la télévision américaine [où] chaque équipe d’enquêteurs possède son personnage décalé dont les plaisanteries assurent au téléspectateur qu’il ne fera pas de cauchemar une fois l’épisode terminé. » Ouf ! On a craint l’espace d’un instant qu’ARTE ait versé dans le caniveau. Il n’en est rien, la série est danoise évite la violence physique.

GESTA DANORUM

Crée par Søren Sveistrup, la première saison de The Killing retrace l’enquête menée par la commissaire adjointe Sara Lund sur le meurtre d’une adolescente. Chaque épisode traite, en montage parallèle, de trois groupes : la famille, la police et le milieu politique. En dépit de l’abus d’implants qui égarent le spectateur sur de trop nombreuses fausses pistes et d’un scénario qui tire franchement en longueur, The Killing nous tient en haleine sans défaillir. On ne lâche pas, et pourtant, il y aurait de quoi, égarés que nous sommes dans un dédale de faux suspects et d’hypothèses bidons.

Pourquoi ces longues et passionnantes séquences sur un monde politique qui n’a, on s’en rendra compte, qu’un rapport très artificiel avec le meurtre ? Pour montrer que les politiques sont capables de récupérer n’importe quel fait-divers à leur profit ? On s’en doutait un peu. Pourquoi nous faire miroiter la menace d’un tueur en série et puis l’abandonner en route ?

Le scénario étalé sur la table, la majorité des séquences apparaissent inutiles à la résolution. Le scénariste prend le prétexte d’une enquête policière pour parler d’autre chose, ce qui est la règle du genre, mais il laisse les histoires secondaires submerger l’intrigue principale, ce qui est maladroit.

D’ailleurs l’enquête en elle-même se limite aux poncifs : une flic obstinée, en butte à sa hiérarchie, mutée au contrôles à la frontière en deuxième saison, réticente aux armes à feu, qui sacrifie sa vie affective à sa mission, et qui, de toute une saison, ne change pas de pull-over-tricoté-à-la-main. Un collègue mal dégrossi mais qui finalement se révèlera compréhensif et loyal, un patron ferme mais compréhensif, une hiérarchie frileuse, et la ‟ skyline ˮ de Copenhague en guise de plan de coupe. Bref, le b.a.ba du feuilletoniste américain débutant.

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Il y aurait de quoi baisser les bras. Encore une fausse bonne série ! Et bien non, The Killing est une vraie bonne série. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle tente le joli pari de miser sur les personnages secondaires. Renversement scénaristique audacieux : l’action principale n’est qu’un appât, le sujet, c’est nous, les personnages secondaires. Nous, les héros sans quête, les sans-grade de la fiction. L’effet de reconnaissance supplante l’effet d’identification. On est à la télé. Et si c’était vous1, cette mère, ce copain de la famille, ce conseiller municipal, ce fonctionnaire… ? Qu’auriez-vous fait ?

Dans ces conditions, devant quelles alternatives nous place The Killing ? Un meurtre est un poison injecté dans le corps social. On pourrait dire la même chose d’un viol ou de tout autre crime. Les soudures éclatent, les liens se dénouent et la fragilité des pactes sociaux s’expose dans la lumière la plus crue. La cellule familiale est la première frappée. On se souvient de l’affaire ‟Gregoryˮ où, confrontée aux impasses de l’enquête policière, sous la pression de la presse et de quelques plumes irresponsables2, une famille se désagrégea. Pour ma part, je ne puis oublier la réaction d’une étudiante autrefois agressée et qui me déclara à peu près : ‟ ce n’est pas la victime qui exige réparation, ce sont ses proches. La victime, elle, est toute entière occupée à se reconstruire ˮ. Dans The Killing, la famille, initialement soudée par le malheur, se délite sous l’impact des atermoiements de la police. Et nous, que deviendrions-nous, ma femme, mes enfants et moi, si l’une de nos filles était agressée ?

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Au-delà de la famille, les élus et fonctionnaires de la mairie de Copenhague se trouvent eux-aussi impliqués. Dans la précipitation de la campagne électorale, les alliances se nouent et se dénouent au rythme des mises en cause, la suspicion empoisonne les amitiés et les amours. Et puis c’est la police elle-même qui, tenaillée entre les intérêts politiques de la hiérarchie, le respect de la Loi et la nécessité d’apporter des réponses à la famille, se fissure à grande vitesse. Intérêt général contre intérêts particuliers, respect de la Loi contre efficacité, etc… toutes les positions sont possibles, incarnées par des personnages différents. Et si c’était vous, cet élu, ce policier, qu’auriez-vous fait ?

Le triste destin d’une jeune fille passe alors au second plan. On ne la suit pas dans la tombe, on reste du côté des survivants aux prises avec nos consciences. Comme dans la vie.

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La première saison se déroule sur fond d’élections municipales. Une campagne électorale est une forme de guerre civile atténuée, comme un vaccin est la forme atténuée d’une maladie. La seconde saison a pour arrière plan la guerre en Afghanistan. Rudyard Kipling, invoqué par Søren Sveistrup lui-même, écrivait : « La première victime d’une guerre, c’est toujours la vérité ». Non, c’est le contraire. Le premier effet de la vérité, c’est la guerre. Dans The Killing, le crime, la guerre, détruisent d’autant plus qu’ils mettent à jour, au forceps, les secrets et les mensonges des uns et des autres. Le secret auquel chacun a droit est garant de la paix civile. Sans mensonges, sans cachotteries, sans intimée préservée, il n’y aurait qu’une jungle. Dans leur quête obstinée de la vérité des faits, la police, comme la famille, détruisent pierre à pierre l’édifice social. Nous ne tenons ensemble que par le ciment de nos secrets et de nos mensonges.

Une phrase résume tout. Elle sort de la bouche de Sara Lund (S01E14) : ‟ Vous êtes enfermé, mais c’est vous qui avez la clef ˮ. Dans Liberté du XVIIIème siècle, Philippe Sollers écrit à propos du célébrissime tableau de Fragonard, Le Verrou, : ‟ Nous avons fermé la porte. A double tour. Pour qu’on nous abandonne dehors. Paradoxe ? C’est ainsi. Il faut d’abord verrouiller pour sortir. Voilà, tous les autres sont rentrés, vous les avez mis dedans, la scène vous appartient pour un aparté rapide, on va vous montrer la merveille. ˮ Un crime, c’est pareil.

 

Borgen

 

GESTA DANORUM

L’hybris et lenématomorphe

Dans une interview au Monde (18-19 novembre 2012) Sidse Babett Knudsen a cette curieuse réplique à propos de son jeu dans Borgen : ˮPour la première fois de ma carrière, j’ai conféré à un personnage ma propre voix, le langage de mon corps, ma façon de marcher, mes expressions de visage ˮ. Jolie phrase d’une grande actrice de cinéma qui constate que la télévision est, d’abord, un art de la vérité.

Borgen, autre série danoise donc, créée par Adam Price et diffusée en France sur ARTE. Cette fois, le sujet est entièrement centré sur la vie politique danoise et ce petit monde qui gravite au sein du Château (Borgen, en danois)3. The West Wing façon scandinave, si l’on veut, puisque la série américaine a servi de référence. Au détail près, bien évidemment, qu’à Copenhague les mœurs politiques sont aux antipodes de celles de Washington. Pondération, compromis, discussions, alliances… le royaume d’Hamlet n’est ni un saloon du far-west américain ni un café du commerce à la française. Le spectateur doit donc faire une petite cure de régime parlementaire et accepter qu’à ce jeu, il n’y ait ni vainqueur ni vaincu au sens pugilistique du terme. Bref, la démocratie, c’est un peu l’ennui. Du moins, dans un premier temps.

Leader d’un petit parti centriste, Birgitte Nyborg est la première femme à devenir Ministre d’Etat, c’est à dire Premier Ministre, grâce à une alliance avec les Verts et les Travaillistes. Un peu comme si, chez nous, Bayrou à 12 % proposait au PS et aux Verts de se ranger derrière lui. Quitte à négocier ultérieurement avec Dupont-Aignan ou Christine Boutin pour faire passer son budget. On est donc très loin de notre guerre de tranchées.

borgen

Ministre d’Etat, donc, mais aussi épouse et mère de famille, Birgitte Nyborg est décidée à concilier le tout et, dans l’exercice du pouvoir, à ne rien perdre de ses convictions. Son mari la soutient en vrai mari post-féministe. Bien évidemment, la réalité du pouvoir grignotera peu à peu ses convictions et ses liens affectifs. D’une manière un peu scolaire, chaque épisode traite un problème à la fois : les rapports aux régimes dictatoriaux, la parité hommes-femmes, les coups tordus de la CIA, les rapports aux colonies (ici le Groenland), la liberté de la presse, la guerre en Afghanistan, les écarts des services secrets, etc… 4

Tel est le synopsis officiel, et c’est déjà beaucoup. Même au Danemark (ne parlons pas de la France !), l’égalité d’accès aux ‟ dignités, places et emplois publics ˮ réclamée il y a deux siècles et demi par notre Olympe de Gouges5, est loin d’être gagnée. Sans forcer leur nature, certains politiciens font savoir que Birgitte Nyborg étant une femme et ayant des enfants, elle ne peut, ‟ par nature ˮ, sacrifier sa famille à sa carrière. Les deux derniers épisodes de la seconde saison sont explicites sur ce point. Lorsqu’il est interviewé sur la disponibilité du Ministre d’Etat, le chef de l’opposition admet avoir délaissé sa famille lorsqu’il occupait ce poste, que celle-ci en a souffert, mais que la fonction l’exigeait. Sur ce, il ajoute que le Danemark a besoin d’un premier ministre et pas d’une mère de famille. En guise de réponse, la décision de Birgitte Nyborg de se mettre en vacance de son poste le temps nécessaire à la guérison de sa fille et l’avis d’une psychiatre sur le plaisir déculpabilisé que peut prendre une femme dans son travail, étoffent efficacement la position féministe. Oui, le Danemark peut davantage avoir besoin d’une mère de famille que d’un mâle solitaire, non, l’épanouissement au travail ne se fait pas au détriment de la vie familiale.

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Mais Borgen n’est pas que cela. Une seconde ligne narrative, parallèle, soutient la première, la renforce, la contredit, la développe : celle qui montre Kasper Juul, ‟ spin doctor ˮ du premier ministre, conseiller en communication et expert en coups tordus, et son ex-amoureuse, Katrine Fønsmark, ravissante présentatrice du journal télévisé. Liaison compliquée mais rentable pour tous les deux. Il en est toujours amoureux, elle, on ne sait pas. Elle lui reproche ses secrets. Il en a effectivement, et de terribles, puisqu’enfant, il a été abusé par son père.

Dans le sillage de Katrine Fønsmark, ce sont les journalistes de télévision puis ceux du tabloïd l’Ekspres, dirigé par l’odieux Michael Laugesen, ancien dirigeant du parti travailliste, qui viennent augmenter les rangs du monde politico-médiatique, avec tout ce que cela comporte de faux-semblants, de coups bas et de calculs.

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La stratégie du nématomorphe

Il faut attendre le septième épisode pour que la série trouve une réelle âpreté et que tout d’un coup, on se rende compte que depuis le premier épisode, un paysage se dessinait patiemment, parsemé ici et là de champs de mines. La leçon vire au drame.

Le mari craque, les enfants s’éloignent, les amis sont sacrifiés. Pas en une fois, mais par petites craquelures qui, s’ajoutant, deviennent de vraies fissures. Birgitte Nyborg s’endurcit, s’isole, se raidit, s’enferme dans l’image de l’autorité. Comme si le pouvoir était un esprit qui pénétrait en soi et peu à peu gagnait toute l’âme et le corps pour finalement prendre totalement, définitivement possession de soi. Ce n’est pas l’homme qui incarne le pouvoir mais le pouvoir qui s’incarne en homme. Tel ce parasite appelé nématomorphe qui s’insinue dans un insecte pour en contrôler le système nerveux et le faire agir à sa guise, le pouvoir infiltre les facultés morales de sa victime et la pousse à renier toutes ses fidélités. Le pouvoir n’a pas besoin de la famille ni des amis, il veut juste un corps, seul, à son entière disposition.

Au moment où il se fait ‟ démissionner ˮ par la Ministre d’Etat, Bent Sejrø, ministre des finances, ami de toujours et fidèle mentor, a ce mot douloureux : ‟ C’est ainsi qu’est un Ministre d’Etat ˮ, entendons : ‟ C’est ainsi qu’il doit se comporter, sans état d’âme ˮ. La discipline morale de Bent Sejrø, qui accepte d’être sacrifié parce que telle est la règle du Pouvoir, laisse un goût amer. Car quelles sont les idées, quelle est l’utopie au nom de laquelle on sacrifierait un homme de cette trempe ? Il n’y en a pas. Digne émanation d’une époque désabusée, la très centriste Birgitte Nyborg est le contraire d’une idéologue. On aurait compris la dureté d’âme d’une révolutionnaire, portée par un si grand projet que le sacrifice d’un seul n’aurait compté pour rien. Mais là ? Quelques réformettes, beaucoup de reniements, quasiment le vide. Cette audace scénaristique, car c’en est une, liquide d’avance tout romantisme.

Ainsi, ce que l’on croyait être un exposé des mécanismes de la démocratie deviendrait une belle et vigoureuse dénonciation du pouvoir ? Le dernier plan sur Birgitte Nyborg, seule à son bureau, définitivement seule mais impeccable, est glaçant.

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Hybris

Dès lors qu’attendre d’une seconde saison ? La cause était entendue, et celle des femmes bien défendue. Inutile d’en rajouter. Pourtant, tout continue comme avant. Revirement après machines arrières, le projet politique de Birgitte Nyborg se vide de son maigre contenu. A chaque épisode, ou presque, c’est un nouveau soutien, un allié, un ami, un parent qui déserte ou se fait congédier. Lorsque sa fille Laura fait des crises d’angoisse, il faut un psychiatre pour lui faire admettre l’évidence. Au Château, les choses ne vont pas mieux. Après un nouveau coup tordu de Kasper, les écolos désertent le gouvernement qui, du coup, devient minoritaire. De plus en plus isolée, Birgitte Nyborg ne peut que contempler le glacis qui s’étend autour d’elle.

On en est à l’os. La série a perdu trop de chair, on lui voit les côtes. Lorsqu’il est nu, le pouvoir ressemble à un squelette.

C’est alors que le sixième épisode tranche les noeuds. Kasper Juul craque, insulte le chef de l’Extrême-Droite, lance une violente campagne de presse contre son parti. Il est un temps viré. Dans un dernier geste pour se raccrocher au monde, Kasper pardonne à sa mère, qui végète, à demi-folle, dans une maison de repos, puis pour la reconquérir, il confie à Katrine les preuves de son secret : une cassette vidéo, des coupures de presse, un père arrêté, un réseau pédophile démantelé, le récit d’un enfant martyrisé, lui.

La pédophilie, crime absolu de notre modernité, atteinte à notre idéal d’Innocence. La victime est lavée de toutes ses fautes postérieures. C’est la rédemption de Kasper. Non qu’il ait commis une faute, mais parce qu’en tel cas, la victime est aussi profondément souillée que son bourreau. En pardonnant à ceux qui l’ont persécuté puis offrant en gage d’amour les stigmates de son martyre, Kasper rachète sa vie entière.

Voilà pourquoi Borgen n’est pas seulement une série moderne, qui en appellerait plutôt à la raison. La directrice de l’Institut où est soignée Laura6, le dit  : ‟ Tous les enfants ont un compte à régler avec leurs parents, il suffit de voir les tragédies grecques, dont c’est le thème principal ˮ. Cela vaut pour tous ceux qui ont des parents et tous ceux qui ont des enfants, c’est à dire une bonne partie d’entre nous.

La psy a raison. A défaut de pouvoir représenter de pures idées, il faut des personnages, c’est à dire des corps et des âmes, et donc invoquer les puissances qui les gouvernent. Aussi évasifs que soient devenus nos dieux, aussi banals que nous paraissent nos héros, ils sont pris, les uns et les autres dans les mêmes entrelacs qu’Antigone ou Créon.

‟ Au commencement de tous les maux, le héros tragique succombe à l’hybris, insolente folie intérieure, mal de l’âme qui le pousse à dépasser la mesure de sa condition avec l’orgueil de violer la loi divine et de s’exposer par là aux funestes débordements des coups du ciel. Le tragique va naître ainsi de cet affrontement entre la vaine présomption humaine et la violence de la répression divine.  Mais aux confins de cette faute religieuse et morale que représente l’hybris, le héros trouvera l’exercice de sa liberté et de sa dignité. ˮ7

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Borgen est une tragédie du Pouvoir. Pour en représenter la rigueur, il fallait qu’il s’incarne. Ce fut dans une femme. Il fallait qu’il s’incarne outre-mesure, ce fût en Birgitte Nyborg. Sa faute tragique tient à ce qu’elle fait passer la vertu avant les sentiments, l’Etat avant la famille, qu’elle nie ce qui fait sa qualité d’être humain au nom de l’intérêt supérieur, ou, plus prosaïquement, qu’elle n’entende pas la plainte de son enfant.

Pour représenter cette autre facette du Pouvoir qu’est sa jouissance, il fallait aussi qu’il s’incarne, et ce fut dans un enfant parce que la jouissance du pouvoir relève de l’infantile. Pour en représenter la démesure, il fallait un enfant emprisonné dans un corps d’homme, ce fût Kasper Juul, celui avait hérité de la faute de son père. Travestir la réalité et installer le secret au cœur même de la vérité, c’est en effet ce que son père n’avait cessé de lui enseigner pour dissimuler ses abus sexuels. De ce fait, c’était la seule chose qu’il connaissait du monde des adultes qui lui permette de s’en protéger.

Tous les deux seront sauvés in extremis, et par la même personne : Laura, l’adolescente dépressive. A croire que la Fortune est une fille folle. Une fille qui distribue ici un baiser, ici un tombereau d’angoisse, mais qui, aussi, rappelle chacun à la nécessité vitale de l’altruisme.

 

Forbrydelsen (The Killing) est un feuilleton policier créé par Soren Sveistrup et Torleif Hoppe et diffusé à partir de 2012 sur DR1. Il est interprété notamment par : Sofie Grabol, Lars Mikkelsen, Ann Eleonora Jorgensen

Borgen est un feuilleton danois créé par Adam Price et diffusé à partir de 2010 sur DR1. Il est interprété notamment par : Sidse Babett Knudsen, Mikael Birkkjær, Pilou Asbæk, Birgitte Hjort Sørensen,…

Notes

1 Je reprends ici le titre d’une ancienne émission de la télévision française dont Gilles Delavaud a très pertinemment traité et sur laquelle il s’est appuyé pour élaborer sa thèse de ‟ l’effet de reconnaissance ˮ propre à la télévision.

2 Lire à ce sujet l’article publié le 17 juillet 1985 par Marguerite Duras dans Libération sous le titre :‟ Sublime forcément sublime ˮ. On peut aussi écouter cet interview, huit ans après.

3 Le château de Christianborg est le siège du gouvernement et du parlement danois. Le premier n’étant qu’une émanation du second dans ce système parlementaire.

4 On est à ce point collé à la réalité qu’en octobre 2012, soit un an après le début de la diffusion de Borgen, Helle Thorning-Schmidt a été la première femme a accéder au poste de premier ministre au Danemark.

5 Rappelons le beau texte d’Olympe de Gouges, qui, en son article 6, disait : « la loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les citoyennes et tous les citoyens étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes les dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents ». Et rappelons aussi que le texte intégral de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ne fut publié dans son intégralité qu’en 1986 par Benoîte Groult, soit 185 ans après son rejet par la Convention ! En 2013, un extrait de ce texte est au programme des élèves de 4ème.

6 Interprétée par Stina Ekblad, qui joua autrefois dans Fanny et Alexandre de Bergman.

7 « Drame et Tragédie, par Bruno Vercier et Jean-Marie Thomasseau, Editions Hachette, collection Contours Littéraires, Paris 2001.

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